Récupération de chaleur : calcul du rendement et des économies

Calculer les économies d'un récupérateur en ventilation. Rendement de température, état de l'air en diagramme h-x, échangeur à plaques ou rotatif.

La récupération de chaleur est le transfert d’énergie thermique de l’air repris vers l’air soufflé au moyen d’un échangeur. Le rendement de température se calcule ainsi : ηT=t2t1text1\eta_T = \dfrac{t_2 - t_1}{t_{ex} - t_1}, où t1t_1 est la température de l’air soufflé avant l’échangeur, t2t_2 après l’échangeur et text_{ex} la température de l’air repris.

Quand la récupération est-elle obligatoire (réglementation)

En France, la réglementation environnementale (RE2020) et la série de normes NF EN 16798-3 encadrent les exigences de récupération de chaleur dans les installations de ventilation. À partir de certains débits d’air et durées de fonctionnement, une récupération avec un rendement justifié est requise ; les valeurs limites précises et les méthodes de justification figurent dans la RE2020 ainsi que dans la NF EN 16798-3 et les règles techniques associées (notamment la NF EN 13053).

Types de récupérateurs

Récupérateur à plaques (à courants croisés ou à contre-courant)

Les flux d’air sont séparés par des plaques métalliques ou plastiques — il n’y a pas de transfert d’humidité, uniquement de chaleur sensible.

  • Rendement de température : disposition à courants croisés environ 50–70 %, à contre-courant environ 80–93 %
  • Avantages : coût faible, entretien simple, aucun transfert d’odeurs
  • Inconvénients : by-pass nécessaire pour le dégivrage à t < −5 °C (air soufflé), condensat côté air extrait

Roue enthalpique (rotor)

Un rotor en matériau sorbant tourne (5–10 tr/min) entre les flux soufflé et repris — il transfère la chaleur et l’humidité.

  • Rendement global (enthalpique) : 75–85 %
  • Avantages : le transfert d’humidité réduit le besoin d’humidification en hiver
  • Inconvénients : transfert d’odeurs (max. 5 %) à prendre en compte, coût plus élevé ; dégivrage moins problématique

Boucle à glycol/eau

Deux échangeurs reliés par un circuit de glycol — les flux d’air ne sont jamais en contact.

  • Rendement : 40–60 %
  • Avantages : séparation des flux (odeurs, procédés sensibles sur le plan hygiénique)
  • Inconvénients : rendement plus faible, pompe

Calcul de la récupération

Rendement de température (sensible)

ηT=t2t1tex,1t1\eta_T = \frac{t_2 - t_1}{t_{ex,1} - t_1}

Exemple (hiver) :

  • t1=12t_1 = -12 °C (air extérieur)
  • tex,1=+22t_{ex,1} = +22 °C (air repris du local)
  • ηT=75 %\eta_T = 75\ \%
t2=t1+ηT(tex,1t1)=12+0,75(22(12))=12+25,5=+13,5 Ct_2 = t_1 + \eta_T \cdot (t_{ex,1} - t_1) = -12 + 0{,}75 \cdot (22 - (-12)) = -12 + 25{,}5 = +13{,}5\ ^{\circ}\text{C}

L’air entrant dans la batterie chaude est à 13,5 °C au lieu de −12 °C.

Économie de puissance thermique

ΔP=m˙cpa(t2t1)=m˙1,00625,5\Delta P = \dot{m} \cdot c_{pa} \cdot (t_2 - t_1) = \dot{m} \cdot 1{,}006 \cdot 25{,}5

Exemple : m˙=2\dot{m} = 2 kg/s → ΔP=21,00625,5=\Delta P = 2 \cdot 1{,}006 \cdot 25{,}5 = 51,3 kW

Économie d’énergie annuelle

Eannuel=ΔPτchauffage1000[MWh]E_{\text{annuel}} = \frac{\Delta P \cdot \tau_{\text{chauffage}}}{1000} \quad \text{[MWh]}

τchauffage\tau_{\text{chauffage}} = le nombre d’heures de fonctionnement par an en période de chauffe (typiquement 3 000–4 500 h/an en Europe centrale).

Exemple : Eannuel=51,335001000=E_{\text{annuel}} = \dfrac{51{,}3 \cdot 3500}{1000} = 179,6 MWh/an

La récupération dans le diagramme de Mollier

Récupérateur à plaques (sans transfert d’humidité)

Air soufflé : déplacement vertical vers le haut (à xx constant) depuis le point 1 (air extérieur) vers la température de l’air repris.

Air repris : déplacement vertical vers le bas — condensation possible sur les lamelles, sous le point de rosée de l’air repris. Les deux déplacements se vérifient au crayon sur une feuille vierge à imprimer — pour la récupération, le contrôle graphique est le plus rapide, car une pente absurde se voit avant une erreur dans un tableau.

Roue enthalpique (avec transfert d’humidité)

Air soufflé : déplacement en diagonale — tt et xx augmentent (l’humidité de l’air repris est transférée).

Condensation dans le récupérateur et dégivrage

En hiver, l’humidité de l’air repris se condense sur les lamelles froides — un écoulement du condensat est nécessaire (siphon, évacuation vers les eaux usées).

Sous une température extérieure d’environ −5 °C (selon l’état de l’air repris), le condensat risque de givrer sur les lamelles. Solutions :

  1. By-pass de l’air repris — une partie de l’air repris est déviée autour de l’échangeur, ce qui élève la température des lamelles.
  2. Préchauffage électrique de l’air soufflé — préchauffage en amont du récupérateur.
  3. Roue enthalpique — naturellement plus résistante grâce à la rotation (dégivrage mécanique).

Recommandations pratiques de choix

ApplicationRecommandation
Maison individuelle, logementPlaques à contre-courant (η > 85 %)
Bureau, école, hôtelPlaques ou roue
Restaurant (odeurs)Boucle à glycol ou plaques avec lame d’air
Grand hall de productionRoue (grands débits, bilan hydrique marqué)
Hôpital, salle proprePlaques (aucun transfert entre les airs)

Normes et réglementations

  • NF EN 16798-3 — systèmes de ventilation, exigences de récupération de chaleur
  • RE2020 (Réglementation environnementale 2020) — exigences énergétiques des bâtiments, bâtiments à très basse consommation
  • NF EN 308 — échangeurs de chaleur, méthodes d’essai de performance
  • NF EN 13053 — centrales de traitement d’air, performances des composants et des sections

Essayez PsychroView gratuitement

Le diagramme de l’air humide interactif directement dans le navigateur. Sans inscription.

Ouvrir l’application →

Ou consultez les exemples de projets avec de vrais calculs de traitement d’air.

Mots-clés : récupération de chaleur, récupérateur ventilation, calcul récupération de chaleur, économies d'énergie CTA, échangeur à plaques